Etymologie:
Le bogolan est une technique traditionnelle malienne.
Son nom vient du bambara :
- BOGO signifie boue, argile ;
- LAN signifie fait
de.
D'où bogolan, fait d'argile.
Histoire:
On raconte au Mali qu'une femme, ayant son enfant malade du paludisme,
cherchait à lui faire boire un médicament traditionnel,
obtenu à base de plantes.
L'enfant trouvant le goût trop amer, se débattit et des
gouttes de la décoction se renversèrent, tachant le pagne
de coton de sa mère.
La femme partit alors
à la rivière nettoyer les vêtements, mais au contact
de l'argile de la rive, les tâches se noircirent et restèrent
indélébiles.
Ainsi est née la technique du bogolan.
Technique:
Le
bogolan se pratique exclusivement sur des tissus vierges 100% naturels.
Nous sélectionnons divers végétaux selon la teinte
désirée qui, une fois bouillis, seront utilisés
comme teinture naturelle: ocre jaune, foncée ou rouge bordeaux.
Le tissu après avoir été trempé dans ces
décoctions est exposé au soleil qui renforce ses couleurs.
On peut multiplier les trempages et les expositions au soleil autant
de fois qu'on le souhaite suivant l'intensité de la couleur recherchée.
On trace alors les
motifs à l'argile à l'aide de plumes d'oiseaux ou de pochoirs
découpés dans de vieilles radiographies.
Selon la tradition, on a souvent recours aux idéogrammes, symboles
qui revêtent une signification propre à chaque ethnie.
Après
le séchage de l'étoffe au soleil, cette dernière
est soigneusement rincée afin d'enlever l'excédent de
boue.
La réaction chimique entre l'argile et la décoction de
plantes rend la teinte noire et indélébile.
Ainsi, le bogolan
permet de teindre et décorer des vêtements de manière
entièrement naturelle, sans avoir recours à des fixateurs
chimiques.
Cet art se révèle proche et respectueux de la Nature.
Il ne génère ni déchet ni pollution et souligne
la magie et les secrets que recèlent les plantes qui nous entourent.
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